Chronique 07/47
Chronique GENDARMO-MEDIATICO-POLITICO-JUDICIAIRE N° 7
(nota : les mots entre parenthèses dans le texte sont de moi, DURAND)
(Mi-mai 1983 : compte rendu de Beau à sa VH / A PEINE MENTEUR, CET OFFICIER !) VOIR AUTRES MENSONGES EHONTES DANS Catégorie « BEAU INTOXIQUE LES MEDIAS »
J’ai l’honneur de vous rendre compte dans le détail des conditions dans lesquelles s’est déroulée l’affaire judiciaire concernant les trois terroristes irlandais appréhendés à Vincennes le 28 août 1982.
A l’époque des faits, j’appartenais à l’état-major de la légion départementale d’Ile-de-France et j’exerçais pendant le mois d’août les fonctions de chef du bureau service-organisation (son chef de bureau, Pâturel, était en permission). J’ai été contacté le 23 ou le 24 août (1982) vers 11 heures par le chef d’escadron Prouteau qui m’avait convié à déjeuner le même jour au mess Napoléon (…). Prouteau m’a raccompagné en voiture à la caserne des Minimes. C’est alors qu’il m’a expliqué qu’il faisait partie de ses intentions de s’appuyer sur la section des recherches de Paris pour plusieurs affaires de terrorisme qui se préparaient. Je lui ai indiqué que je ne rejoindrais ce poste qu’à la date du 1er décembre, mais que je me tenais à sa disposition au niveau du BSO pour proposer au chef de corps de mettre en œuvre le moment venu les moyens adaptés aux demandes. Prouteau m’a précisé qu’en tout état de cause, aucune des affaires en question n’était susceptible d’être réalisée au moins avant plusieurs semaines. Je lui ai dit que l’essentiel consistait surtout à ce que nous puissions, préalablement à toute action nous réunir pour discuter des modes d’action et aussi pour prendre attache avec les magistrats compétents pour choisir la forme juridique la plus adaptée (recherche d’un flagrant délit ou ouverture préalable d’une information). En rentrant à l’état-major, j’ai rendu compte au chef d’état-major (colonel Vergez) et au chef de corps (colonel Clemenceau) de ce contact et de ce qui se préparait pour les semaines à venir.
Le samedi 28 août (…) j’ai regagné mon domicile vers 13 heures 15 environ. Arrivé dans mon appartement, j’ai appris que le capitaine Barril du GIGN cherchait à me joindre de toute urgence depuis 10 heures du matin et qu’il m’avait déjà téléphoné trois fois. J’ai aussitôt pris contact avec lui. Il m’a demandé de me porter immédiatement avec des OPJ à la compagnie de Vincennes où il me rejoindrait. Il m’a indiqué qu’il s’agissait d’une affaire de terrorisme. Je lui ai répondu que je n’étais pas moi-même habilité OPJ et pas encore en place à la SR, mais que j’allais rendre compte au chef de corps et lui demander de dégager les moyens nécessaires à l’opération qui se préparait. Après avoir fait le tour de la question et découvert qu’il n’y avait, en cette fin de mois d’août, ni officier commandant la SR (permissionnaire – colonel Delestrade) ni adjoint (parti récemment outre-mer – adjt-ch. Bourhis) et que, de surcroît, le commandant du groupement du Val-de-Marne (colonel Piat) venait de reprendre du service après une dépression nerveuse (faux), il fut décidé par le commandement que je coordonnerais l’action du personnel de la SR et du GIGN. J’ai de moi-même précisé au chef de corps que n’étant pas encore OPJ habilité, je ne ferais, personnellement, aucun des actes attachés à cette qualité (…). Dès mon arrivée à Vincennes, j’ai eu plusieurs contacts avec Barril qui m’appelait. Il ne voulait pas parler au téléphone, indiquant simplement que les surveillances et filatures étaient en cours (faux : une filature !). Estimant que nous ne pouvions travailler dans le flou, je l’ai convoqué (faux !) à Vincennes pour qu’il m’explique en détail de quoi il s’agissait. A son arrivée, je lui ai présenté le major Windels (faux !) en lui indiquant que c’est lui qui allait instrumenter comme OPJ avec les autres gradés et gendarmes placés sous ses ordres. Barril nous a alors exposé qu’il avait pris en charge, depuis quelques jours, des terroristes irlandais qui attendaient une livraison d’armes et devaient commettre un attentat sur Paris (faux !). Il a précisé que les individus étaient très dangereux puisque responsables de plusieurs attentats en Irlande, Angleterre et Allemagne contre des intérêts anglais. Barril nous a dit également savoir qu’ils étaient nantis de faux documents d’identité. Selon lui, les filatures des intéressés et de leurs visiteurs confirmaient bien un comportement de « clandestins » (faux : il n’était question que d’un seul terroriste !). Pendant que Barril était présent dans les locaux, il a téléphoné au chef d’escadron Prouteau qui se trouvait en vacances, et il lui a dit que l’affaire se présentait bien. J’ai moi-même parlé au chef d’escadron en lui demandant s’il avait bien des assurances que nous resterions saisis. Il m’a assuré que oui. Je l’avais en effet dit que si une quelconque décision de dessaisissement se profilait à l’horizon, il valait mieux donner l’affaire à la Police dès le début pour éviter d’être ridiculisés (faux : j’aurais entendu cela !). Une habitante de l’immeuble ayant pris peur a appelé police-secours que le capitaine a accueillie directement dans la rue en disant aux fonctionnaires qu’il s’agissait d’une intervention de la Gendarmerie devant rester confidentielle. Il a été demandé expressément de ne pas faire de compte rendu de cette intervention dans la hiérarchie policière, car il est connu que les journalistes accrédités à la préfecture de police lisent tous les messages et comptes rendus au fur et à mesure de leur arrivée à l’état-major (…). Barril et moi avons fait une visite sommaire de l’appartement. J’ai vu moi-même une arme de poing sous un matelas posé à même le sol, et un pain de plastic amorcé placé sur une tablette située à près de deux mètres dans les WC (inexact). Je suis personnellement intervenu brutalement pour empêcher un homme du GIGN qui allait mettre la main dans la cheminée de la pièce de droite où il avait repéré une arme entourée d’un chiffon (faux : c’est Caudan qui a trouvé cette arme après votre départ !). J’ai alors hurlé dans l’appartement à tous de ne toucher à rien. Aussitôt après, j’ai demandé à Barril de laisser deux de ses hommes pour garder sur place Plunkett (faux !) à la disposition de Windels (re-faux !). Ces deux hommes devaient aussi désamorcer le plastic le moment venu. En accord avec Windels (re-re-faux !), j’ai décidé de faire évacuer King (faux !) qui, n’étant pas l’occupant légal de l’appartement, n’avait pas besoin de rester là (…). Nous avons téléphoné à Prouteau pour lui dire que le bilan était plus maigre que prévu, mais que de nombreux documents dont une liste d’armes, probablement de la main de Plunkett, seraient sans doute intéressants à exploiter. Il avait l’air content et nous a interdit de faire quelque compte rendu que ce soit avant qu’il ne nous rappelle (faux !). Il nous a en effet recontactés en disant qu’il avait eu le Président à Latché, et que celui-ci nous félicitait mais ne voulait pas que quoi que ce soit filtre avant un communiqué qu’il allait faire faire par l’Elysée (faux !).
Je pense inutile de m’étendre par le détail sur les conditions dans lesquelles la Gendarmerie a été dessaisie (…). Je souligne cependant que c’est Prouteau qui m’a dit avoir concédé à M. Franceschi (secrétaire d’Etat à la sécurité) le principe du dessaisissement quand ce dernier lui a, en aparté, demandé lors d’une réunion au sommet du dimanche après-midi (29 août), de laisser cette affaire à la Police nationale qui menaçait de se mettre en grève pour le cas où elle ne serait pas saisie. Le même Prouteau m’a également dit, quatre jours plus tard, qu’à la sortie de ladite réunion M. le directeur général de la Gendarmerie (Barbeau) lui avait reproché d’avoir cédé sur le principe du maintien de la saisine de la SR de Paris. Lors de cette conversation, j’ai d’ailleurs été amené à lui remettre une fiche critique que je me dois aujourd’hui de verser au dossier. Après lui avoir remis copie des procédures de la Gendarmerie et de la Police (tiens donc, vous aviez copie de la procédure de la Police ?) dans cette affaire, je lui ai très durement reproché d’avoir accepté le dessaisissement de la Gendarmerie en lui démontrant que la presse, poussée par les syndicats de police avait été incapable de faire avancer l’enquête, ne serait-ce que par l’exploitation des documents (…).
Je me suis donc présenté le 27 octobre 1982 à 10 heures 30 au cabinet de ce magistrat (le J.I. Verleene). J’étais en tenue 2H. Celui-ci, qui était seul dans son bureau, m’a indiqué que sa greffière était en retard et que je n’avais qu’à attendre dans le couloir. J’ai ainsi attendu 1 heure 30 environ sur le banc des inculpés. Le magistrat ne s’est même pas excusé de ce retard. Il m’a reçu en bras de chemise et, d’emblée, s’est montré très désagréable, m’appelant sans cesse « monsieur » alors que je l’appelais moi-même « monsieur le juge » Il m’a très nettement indiqué qu’à son avis, j’avais couvert des actes illégaux. Je lui ai assuré que non (Pinocchio : ouh les cornes !), et lui ai fait une déclaration très détaillée. Au moment de transcrire, il a, à plusieurs reprises, tenté de dicter des phrases dont la formulation ne reflétait nullement ce que je venais de dire. Ce fut notamment le cas à propos de la perquisition dont il voulait me faire dire que je l’avais dirigée alors que je n’avais fait qu’un tour sommaire dans l’appartement avant que Windels (archi faux !) ne commence à instrumenter. Je l’ai bien entendu obligé à rectifier ce point (…).
J’ai déjà été moi-même, ainsi que mon personnel, très éprouvé par les campagnes de presse orchestrées contre la Gendarmerie, mais aussi excédé par des ragots divers colportés au sein de l’Arme par des gens qui, visiblement, puisaient leurs informations dans les médias (pas tous !). Les propos tenus m’ont semblé tellement excessifs et surtout malveillants, que j’ai amené à rédiger un rapport (sous dossier) demandant à ceux qui ne connaissent rien à cette affaire de s’abstenir de jeter le discrédit sur ceux de leurs « camarades » qui ont été engagés dans l’action.
Ceci étant posé, j’en arrive aux éléments « nouveaux » qui viennent de valoir aux Irlandais leur remise en liberté. Il semble que ce soient les « révélations » du chef d’escadron Pineau (cdt Cie Vincennes), du gendarme Caudan et du chef Lemonnier (BR Vincennes) qui soient à l’origine de ce rebondissement. J’affirme sur l’honneur que ces allégations sont fausses (faux !). Elles constituent à mon sens non seulement une vengeance odieuse mais ont aussi été préalablement utilisées comme un moyen de chantage par Pineau (faux !). J’estime étonnant et parfaitement anormal que s’il s’est effectivement fait dire par Caudan, le 7 mai, qu’ «il se vengerait pour les Irlandais », il ne m’en ait pas parlé immédiatement. Sa démarche avec révélations verbales au procureur de Créteil, le 12 mai, suivie d’une demande d’audience au chef de corps, relève d’une pure et simple tentative de chantage à la hiérarchie dont il espérait qu’elle y céderait (faux : il était déjà « colbacké » irrémédiablement!) »! (…)
En résumé, j’affirme à nouveau que toute la phase s’est passée dans le respect des règles de procédure, du début jusqu’à la fin de l’enquête (FAUX !). Je pense que les faits « nouveaux » évoqués constituent une malveillance organisée par un officier en difficulté qui a pactisé avec des sous-officiers mis en cause à des degrés divers et qui ont voulu, n’ayant pu se soustraire à leurs responsabilités, se venger en faisant des révélations mensongères (qui ment en écrivant cela si ce n’est vous, » monsieur » Beau » ?) dont le caractère tardif fait, de surcroît, encore plus douter de leur authenticité. Une information judiciaire objective et l’enquête de commandement devraient permettre de le démontrer aisément. Au terme de cette relation des faits à laquelle j’ai tenté de donner un caractère aussi exhaustif que possible, je me tiens à la disposition de toute autorité militaire et judiciaire pour les éclairer sur des points qui pourraient paraître encore obscurs (quel aplomb !, quelle témérité ! – mais comment la VH ne pourrait-elle pas avaler de telles couleuvres dans le contexte du moment ? (…) »
!! et vous avez signé cette horreur sur votre honneur : « JM.BEAU » !!
Pour l’heure, je reviens à votre perquisition illégale. Faute bénigne de procédure, martèlerez-vous plus tard. Faute capitale, plutôt, puisqu’elle entraîne ipso facto l’annulation de toute procédure ! Tout élève gendarme sortant de stage sait cela par cœur. Tout comme la notion d’inviolabilité d’un domicile qui lui est ressassée au long de sa carrière.
D’où ma question ici : Pourquoi, dans votre procédure, avoir tu mordicus la pénétration de Barril chez les Irlandais avant vous ? Aucun OPJ habilité ne se serait permis de passer cela sous silence. Même – et surtout – le moins expérimenté d’entre eux. Et personne du monde de la Justice ne s’en serait offusqué. En l’occurrence, King venant d’être cravaté bruyamment en sortant de l’appartement, il était tout à fait justifiable que Barril y pénétrât dare-dare afin de neutraliser d’éventuels autres occupants pouvant s’y trouver. Afin aussi de vérifier qu’il n’était pas piégé après détection possible de la surveillance exercée depuis le début d’après-midi.
Votre silence sur ce point laisse à penser qu’entre Barril et vous existait, je dirais une certaine connivence, une certaine complicité pour ne pas parler coaction. Mais peut-être me trompé-je. Un point sur lequel je ne prends pas le risque d’une erreur, c’est d’affirmer ou d’infirmer que le capitaine a apporté des armes chez Plunkett ainsi que le veut cette part d’une légende grossièrement propagandiste, ce que je vais démontrer.