Chronique 25/47
Chronique GENDARMO-MEDIATICO-POLITICO-JUDICIAIREN° 25
Livre édité chez Sand (09/1989)
Un journal du Centre (10/89)
Pour confirmation de ce que je viens d’écrire, je redonne la parole à l’avocat général Marc Domingo, dans son interview diffusée à la télévision en janvier 1996 :
« … il (le substitut mandaté) avait rédigé un « blanc » porté au procureur… Et lorsque le procureur de l’époque a vu la description donnée (description d’une arme portant une rayure sur la crosse – propriété de Plunkett, selon ses propres aveux d’août 1982) ,il a été extrêmement troublé. Et il a refermé le dossier en disant : Qu’on n’en parle plus… »
Et l’interviewer-chroniqueur de déduire justement : « On l’aura compris, la dissimulation d’une preuve par la Justice à la Justice ! Le procureur vient de découvrir que l’arme décrite par Jégat à la DST est la même que Barril a découverte chez les Irlandais » (non : l’arme en question a été découverte par Caudan, enveloppée dans un chiffon, dissimulée dans la cheminée de l’appartement de Plunkett – pièce du fond, à droite…).
Une hypothèse, Beau : Et si la DST avait montré la photo des armes à Jégat afin qu’il en donne une description précise, « ça ne tiendrait pas la route » ? Pas étonnant que le procureur de Paris, « extrêmement troublé » ait pu envisager aussi un tel scénario justifiant son « motus et bouche cousue ! », peut-être aussi rassuré par le fait que la lumière finirait par jaillir de l’instruction conduite par le teigneux (ainsi qualifiez-vous Verleene).
Ce n’est pas très beau, mais ce n’est pas encore tout…
En septembre/octobre 1987, le parquet titillé par Chalandon après son troc proposé à Mitterrand, prescrit au teigneux de vous auditionner à nouveau, vous et vos gens, puis de vous confronter à Prouteau s’il y échet. Vous souvenez-vous du résultat de cette opération, conduite sans succès puisque l’accusateur que vous êtes reste sur ses affirmations selon lesquelles le dit Prouteau vous « convoquait » à l’Elysée pour vous remettre copie des auditions enregistrées au cabinet Verleene ? Et que de son côté, votre accusé reste sur sa position : Non, il n’a jamais été le chef de Beau. Il ne lui a jamais donné d’ordres, ni à Vincennes ni ultérieurement. Il ne l’a jamais convoqué au « château » où il venait à sa convenance, même en « mon » absence. Il ne lui a jamais remis la moindre copie d’auditions provenant du palais de Justice afin qu’il renforce sa thèse selon laquelle sa procédure de Vincennes était légale. D’ailleurs, en avait-il besoin, s’agissant d’auditions de ses propres subordonnés subornés ? Quant aux autres auditions de Vincennois, Beau n’avait pas non plus besoin d’en avoir copie : il lui était aisé d’imaginer leur version-vérité !
Tenez, à ce propos, big chief, je tiens à vous poser cette interrogation : Aviez-vous besoin de passer par l’Elysée pour obtenir les copies en cause ? Alors que, selon vos propres aveux, précédemment vous vous les procuriez encre à peine sèche auprès d’un ami journaliste (Plenel, je suppose – car parfaitement introduit au palais, partageant le pain et le sel avec Verleene). Et que d’autre part il est avéré que les avocats des Irlandais les possédaient et menaient campagne en vue d’obtenir leur libération, quitte à être poursuivis pénalement pour violation du secret professionnel ? Bien que poussé dans vos retranchements, vous sauriez répondre à ces questions sans mentir ? Il est des couleuvres ne s’avalant que par des naïfs, des bornés inconditionnels et des « intoxiqués », tous « mitterrandophobes » !
Le 29 octobre 1987, « après une campagne de presse basée sur le thème de la lutte pour la future présidence de la République », le préfet Prouteau est finalement tout de même inculpé de complicité de subornation de témoin par fournitures de moyens. Vous et votre presse adorée, devez sabler le champagne, non ? « La vengeance est un plat qui se mange froid », aviez-vous proclamé précédemment aux oreilles de journalistes…
De mon côté, dès le lendemain je réagis. Sans crainte de sanctions disciplinaires parce mes impedimenta viennent tout juste d’être déposés. En 4 minutes d’antenne accordées sur RTL dans l’émission Les auditeurs ont la parole d’Alain Cros et Anne-Marie Peysson, je clame mon indignation. Après un rappel de vos actes et stratégies, de la carence de notre hiérarchie à votre encontre, du malheur de mes camarades sous-officiers n’ayant pas osé désobéir à un despote, de mon espérance d’un-non-lieu en faveur de Prouteau, je conclus ma prestation par cette phrase : « … Beau sera content, il aura fait parler de lui une nouvelle fois. Et le préfet Prouteau aura été sali. »
L’avenir a démontré que j’avais vu juste. Comme d’ailleurs cette précision annoncée concernant l’Affaire : « Pendant longtemps encore, on en entendra parler dans les chaumières, hélas. »
En m’exprimant ainsi véhémentement (adverbe repris en 1999 par Gilles Ménage dans L’œil du pouvoir que j’ai déjà cité), je nourris l’espoir d’attirer à moi au moins un journaliste de la presse nationale osant s’écarter des chiens de tête de la meute hurlante. Espoir déçu : un seul, du Parisien, viendra passer une journée chez moi, mais bien que convaincu du fait que je dis vrai, il préférera ne pas tuer la poule aux d’or en faisant amende honorable après que son quotidien eût déjà tellement servi de support à l’imposture. Ma combativité foncière au profit de la Vérité n’en est pas pour autant émoussée, et je demeure donc pour vous le morpion que j’avais été sous l’uniforme. Mieux, m’a-t-on dit-récemment, un exocet français ou un scud du Golfe. « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer », a dit un grand homme.
L’année 1988 et une partie de la suivante s’écoulent sans que ne transpirent trop d’éléments en provenance d’un Verleene qui, semi-paralysé, pédale toujours dans la semoule. En revanche, les rotatives de la presse sont maintenues en surchauffe. Elle nous apprend la tenue de quelques procès faisant suite à la plainte des Irlandais à votre encontre, à celle de Barril, etc… en même temps qu’elle rappelle votre prétendu juste combat d’homme déshonoré par la Mitterandie.
En septembre 1989, c’est un rocher que vous lancez dans sa mare avec la parution de votre premier livre, L’honneur d’un gendarme. Une production aussi parfaitement élaborée que romancée à outrance car votre version se veut accréditive de l’innommable injustice frappant le pauvre crétin pour lequel vous dites avoir été pris par l’Elysée. Y sont soulignés votre long silence, votre abnégation opérés au nom de la raison d’Etat (laquelle, nom de Dieu ?), votre magnanimité mêlée à d’ignobles critiques visant certains de vos subordonnés (Windels, bien qu’expérimenté n’a pas su rédiger son PV de perquisition, osez-vous écrire !!!).
Quant à la compagnie de Vincennes, plus que jamais elle est décrite comme un repaire de brigands – ce qui est faux ainsi que je l’ai déjà démontré. Roué comme vous l’êtes, hors le nom du corrompu Bacheler et du malheureux Caudan (présenté ignominieusement comme l’élite du ripouïsme), vous vous gardez bien de citer nommément celui des autres « brigands », le mien en particulier. Dommage, je me serais fait un plaisir de vous poursuivre au pénal comme au civil !
Votre roman paru, s’ensuit pour vous sa nécessaire promotion : passage chez Pivot, à la radio, etc. etc. Excellente occasion pour parachever la thèse propagandiste déjà fort bien ancrée. Dans un tour de France promotionnel, vous vous y employez ardemment, je le sais de dizaines de sources, assez souvent inconnues de moi.
Dame, vous n’êtes pas homme à faire les choses à moitié, tous ceux qui vous ont côtoyé le savent. Voyons un peu cela :
(chronique 26/47 parue le 28 août 2010)
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