Chronique 18/47
Chronique GENDARMO-MEDIATICO-POLITICO-JUDICIAIRE N° 18
Quel est le mérite d’un volatile « customisé » à se faire passer pour un aigle auprès de poulets et de dindons ?
Etes-vous requinqué lors de votre libération du Val-de-Grâce ? Sans doute à peine car non seulement vous êtes suspendu de fonctions, mais bien d’autres menaces pèsent sur vous. Et, de plus, dans le dossier d’éjection de la Gendarmerie d’Île-de-France qu’a constitué le devenu comandantivore, Devemy, il vous a littéralement éreinté dans votre ultime notation. Sans doute pense-t-il que sa prose restera en tache indélébile dans votre pedigree. Erreur ! En excellent procédurier (?), plus tard, par la voie légale vous en obtenez le retrait. Très, très fort !
Le 12 juillet 1983, vous comparaissez devant le parquet général pour audition préalable à l’instruction du dossier visant à ce que votre suspension de qualité d’OPJ soit obtenue. Oh, le procureur général, Arpaillange, n’y était pas allé de main morte en exprimant sa volonté. Je cite son écrit destiné à sa chambre d’accusation : « Cet officier de police judiciaire doit maintenant être écarté par le retrait de sa qualité d’OPJ ».
Ce même jour, pensez-vous déjà à une défausse vers les Elyséens de la cellule ou placés au-dessus d’elle ? Non, pas plus que lors de votre première audition du 9 juin au cabinet Verleene. Rêvez-vous encore que du sommet de l’Etat, quelque tout-puissant viendra vous sortir du gouffre ? Si oui, c’est pure utopie. D’autant plus que du fait de votre trahison, vous êtes rejeté – et non pas abandonné ainsi que vous l’écrirez – par Prouteau et bien d’autres bernés. Logique, mon analyse ?
Le jour de la fête nationale, vous ne défilez pas, mais vous filez pour un mois de convalescence en Corrèze chez un couple d’amis dont l’un est – si je ne me trompe – président de l’Association chinonaise des entonneurs rabelaisiens. Qu’il y fait bon vivre en ce paisible département, loin des épées de Damoclès parisiennes brandies au-dessus de votre tête !
Petit flash back : Savez-vous que peu après votre mise à genoux du 9 juin 1983, Verleene m’a convoqué et auditionné ? Sans aucun doute puisque vous avez copie de son dossier d’instruction. Mais ce que vous ignorez, ce sont nos apartés échangés hors audition. Donc je vous les révèle… Moi : « Monsieur le juge, pourquoi ne demandez-vous pas un réquisitoire supplétif d’instance afin d’inculper et poursuivre Beau pour le crime de faux en écritures ? » Verleene : « Figurez-vous, major (tiens donc, il ne m’appelle pas « monsieur » comme vous, ce qui à vos yeux était une marque de mépris !), qu’avec le parquet on y a bien pensé… Mais on y renonce : ça entraînerait trop de sous-officiers avec lui. »
Avec le recul du temps, sachant ce que je sais, je me suis toujours dit que parquet et juge avaient eu tort. En effet, au cas de leur renvoi possible devant une juridiction de jugement, tous les sous-off. déshonorés – et bien d’autres témoins spontanés au nombre desquels je me serais joint -, n’auraient eu aucun mal à prouver la seule responsabilité du directeur d’enquête que vous étiez, n’inspirant que craintes de sanctions à la moindre amorce de refus d’obéissance à des ordres impératifs, hurlés la plupart du temps.
Arrive le 24 août 1983. Date mémorable s’il en est puisqu’elle évoque le massacre de la Saint-Barthélémy en 1572 et la libération de Paris en 44. Pour vous, c’en est fini de l’oxygénation corrézienne : retour à la capitale où Verleene vous attend de pied plus ferme que jamais. Le lendemain, vlan ! Il vous inculpe du chef de subornation de témoins. Cette inculpation fait suite à celle du major Windels, prononcée, elle, près de deux mois plus tôt (mon ami, bien que loin d’être en forme physique et mentale aurait pu se réfugier à l’hôpital lui aussi, mais il a préféré faire face à l’adversité, ce qui est tout à son honneur).
Une fois de plus, ce 25 août,
1) Vous échappez au mandat de dépôt (en allant chez le juge, avec un avocat par précaution, comme « mon » pauvre chef Lemonnier en mai précédent, aviez-vous pensé à vous munir de vos brosse à dent et pyjama rayé ?).
2) bien qu’en ayant la possibilité, vous vous abstenez d’incriminer qui que ce soit de l’Elysée pour les attirer à vos côtés de suborneur. Allez, ne me dites surtout pas que vous croyiez toujours à leur intervention en votre faveur !!! Quand je lis encore aujourd’hui sur vos sites que vous et vos supporters êtes outrés pour avoir été lâchement abandonnés, par Prouteau et Barril notamment, j’ai le poil qui se hérisse.
A cette époque, pour vous le capitaine Barril est un véritable ami. J’en veux pour preuves la narration de ces deux faits que je tiens d’un gradé (qui fut mon élève au temps où j’enseignais photo et police technique, avant qu’il ne serve sous vos ordres à la SR de Paris en 1982/1983) et d’un colonel (qui fut mon chef de service à Rosny/Bois) :
1 – Narration de l’adjudant-chef Michel Têtard (début 1984) :
a/1) « Fin 82, le patron d’un très grand hôtel parisien repère un client donnant dans les chèques de voyage volés. J’auditionne le suspect et obtiens ses aveux rapidement. Le lascar, un Allemand, comme les voyous le font parfois dans l’espoir de « s’arracher » me file un tuyau. Selon lui, près de Mirande, au domaine d’Engelmeyer (connu sous le nom du Patriarche travaillant à la réinsertion de toxicomanes) existe un stand de tir dans lequel s’entraînent des terroristes. Il dit les y avoir vus…
Aussitôt, je rends compte de cela à Beau. Branle-bas de combat immédiat : Direction de la Gendarmerie informée, Autorités de Justice également. Puis délivrance d’une réquisition pour enquête, appui du GIGN avec Barril à sa tête accordé. Réquisition d’un avion gros porteur Transal pour le transport du « régiment » de Paris jusqu’à l’aéroport de Tarbes. De là, sus au domaine patriarcal ! En hélicoptère puis en bétaillère requise, elle aussi, pour ne pas être répérés !
Qu’avons-nous trouvé au domaine ? Engelmeyer et un pauvre type poussant sa brouette de fumier. Des chèvres, des poules, des lapins. Des oies qui n’étaient pas celles du Capitole. T’aurais vu la tronche de Beau : j’te raconte pas… Je sais que par la suite, il y a eu bagarre entre la Justice et l’Armée pour le paiement du transport chiffré à quelques millions. Il a fallu faire gober à tout le monde que si l’affaire avait foiré, c’était à cause de trois ou quatre jours perdus en formalités paperassières. Pour une fois, Beau ne nous a pas imputé, à nous, ses OPJ de m. comme il lui plaisait de nous qualifier, ce brillant fiasco dont il s’est sorti avec les honneurs. »
2) Narration du colonel Raymond Benoît sur le même sujet (en 1985):
« … A l’époque, je commandais le groupement du Gers, à Auch. Vous parlez si on le connaissait, le Patriarche ! Mes brigades avaient librement accès à son domaine, et entretenaient de bonnes et fréquentes relations avec lui. Beau s’était bien gardé de me faire part de son tuyau avant son intervention-spectacle. Auquel cas on aurait exercé une surveillance plus accrue qu’à l’accoutumée. Comme chez vous, à Vincennes, « ils » ont préféré foncer tête baissée avec l’espoir de se faire mousser. Quelle c… de mégalos ! »
a/2) : Autre « exploit » conté par le même Têtard :
« En décembre 1982, on a un renseignement provenant d’un voyou (peut-être ton Campit, je ne sais pas) selon lequel un braquage va avoir lieu porte de Bagnolet dans une moyenne surface. Aussitôt, nouveau branle-bas de combat ordonné par Beau : mise en place d’OPJ et de personnels du GIGN, Barril en tête. On y est, on attend… Fébriles, arme à la main, cartouche engagée, cran de sûreté rendu inopérant… Ca risque de canarder !
(suite dans chronique 19/47 parue)
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